Avant les Incas

Le Pérou a été peuplé bien avant les Incas. La culture de Caral se développe d’environ 3000 à 1800 av. J.-C., puis celle de Chavín de 1000 à 200 av. J.-C. Leur architecture monumentale montre que des sociétés organisées existaient très tôt dans les Andes.

D’autres cultures régionales leur succèdent. Les Paracas (800 av. J.-C. à 200 apr. J.-C.) sont connus pour leurs textiles et leurs « fardos » funéraires. Les Nazcas (200 av. J.-C. à 600 apr. J.-C.) ont tracé de grandes figures dans le désert. Au nord, les Mochicas (Ier au VIIe siècle) travaillaient l’or et la céramique. Les Huari (VIe au Xe siècle) s’étendent ensuite dans les montagnes du sud. Sur la côte nord, le royaume chimú dure du IXe au XVe siècle, jusqu’à sa défaite face aux Incas en 1470. Plusieurs de ces lieux figurent parmi les sites péruviens du patrimoine mondial.

L’Empire inca

Une personne portant un baluchon passe sous une arche de pierre, au-dessus d’un lac

L’expansion inca commence en 1438 avec l’empereur Pachacutec, depuis la vallée de Cuzco. L’empire s’appelle Tahuantinsuyu, « les quatre régions » en quechua. À son extension maximale, au début du XVIe siècle, il couvre près de 4 500 km, du sud-ouest de la Colombie actuelle au milieu du Chili. Sa capitale est Cuzco, dont le nom signifie « nombril » en quechua.

L’État inca est centralisé. La communauté villageoise, l’ayllu, forme la base de la société. Chaque famille doit à l’État un temps de travail, la mita. La minka désigne le travail fait pour la communauté. Les excédents des récoltes vont à la population en période de sécheresse. Les cultures en terrasses, ou andenes, permettent de cultiver les pentes des Andes. Un réseau de routes de plus de 30 000 km, le Qhapaq Ñan, relie les régions de l’empire.

Croyances et quipus

Dessin ancien à la plume : un Inca lève la main vers le soleil, suivi de deux femmes

Les Incas honoraient plusieurs divinités. Inti, le soleil, était la principale. Ils vénéraient aussi les forces de la nature, comme Quilla, la lune, et la Pachamama, la terre.

Dessin ancien à la plume : un comptable inca tient un quipu déployé

Les Incas n’avaient pas d’écriture. Pour compter, leur administration utilisait le quipu, mot quechua qui signifie « nœud » et « compte ». Des cordelettes de couleur étaient fixées à une corde. Des nœuds y figuraient les nombres, en base 10. Les quipus servaient à recenser les données sur l’économie et la société de l’empire.

L’architecture inca et le Machu Picchu

Les Incas ont hérité du savoir des bâtisseurs de Tiwanaku, cité fondée au IIe siècle av. J.-C. dans l’actuelle Bolivie. Leur architecture s’adapte au relief et emploie les matériaux trouvés sur place. Cuzco en garde de nombreux exemples. Beaucoup de murs incas y ont été intégrés à des bâtiments coloniaux espagnols. Sacsayhuamán et Ollantaytambo sont deux autres sites importants.

Ruines et terrasses du Machu Picchu au pied d’un pic rocheux, sous les nuages

Machu Picchu signifie « vieille montagne » en quechua. La cité se trouve à 2 438 m d’altitude, sur le versant oriental des Andes, aux limites de la forêt amazonienne. Elle a sans doute été construite vers 1440, sous le règne de Pachacutec, puis peu à peu abandonnée après la chute de l’empire. Hiram Bingham, historien américain de l’université Yale, y parvient le 24 juillet 1911. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983.

La conquête et la vice-royauté

Quand les Espagnols de Francisco Pizarro arrivent, en 1532, l’empire sort d’une guerre de succession entre deux frères, Huascar et Atahualpa. Le 16 novembre 1532, Pizarro capture Atahualpa à Cajamarca. Il fonde Lima le 18 janvier 1535. En 1542, Charles Quint crée la vice-royauté du Pérou, avec Lima pour capitale.

La société coloniale est très inégalitaire. Les Espagnols nés en Espagne ont tous les privilèges. Les indigènes sont presque exclus, et leur nombre s’effondre : en trois siècles, il passe de dix ou douze millions à un million de personnes.

Le vice-roi Francisco de Toledo (1569-1581) organise l’État colonial. Il regroupe les Indiens dans des villages appelés « réductions ». La mita devient un travail obligatoire imposé aux Indiens. Aux XVIe et XVIIe siècles, les mines d’argent sont la première richesse de la colonie. L’Espagne se réserve le commerce avec ses colonies, ce qui nourrit la contrebande.

Les missionnaires imposent le catholicisme dès la conquête. Dans les Andes, beaucoup d’habitants continuent pourtant d’honorer leurs divinités, en associant chacune à un saint catholique. Ces rites ont survécu jusqu’à nos jours.

À la fin de la période, la vice-royauté compte 1 115 207 habitants : 58 % d’indigènes, 21 % de métis, 12 % de Blancs et 8 % de Noirs. Lima, avec 64 000 habitants, est alors la ville la plus peuplée d’Amérique du Sud.

L’indépendance et la République

Plusieurs révoltes éclatent au XVIIIe siècle, dont celle de Juan Santos Atahualpa en 1742 et celle de Túpac Amaru en 1780. Le général José de San Martín proclame l’indépendance à Lima le 28 juillet 1821. La victoire du général Sucre à Ayacucho, en décembre 1824, met fin à la vice-royauté.

Les militaires dominent les premières décennies de la République. Le guano devient la principale source de revenus du pays. Le président Ramón Castilla (1845-1851, puis 1855-1862) abolit l’esclavage des Noirs et le tribut des Indiens. De 1879 à 1884, la guerre du Pacifique oppose le Pérou au Chili. Le Pérou en sort très affaibli et consacre les années suivantes à sa reconstruction.

Les lieux où l’association agit

Cette histoire se lit encore dans les lieux où agit Pérou Amitié Solidarité. Le quechua, langue de l’Empire inca, reste parlé dans les Andes : la page démographie et langues du Pérou le situe. Sur l’île d’Amantani, le collège Miguel Grau enseigne le tissage traditionnel : voir la page Amantani, lac Titicaca. À Lima, fondée en 1535, l’association aide les enfants de Collique, bidonville au nord de la ville.

Sources

Cette page s’appuie sur les articles Histoire du Pérou, Empire inca, Quipu, Machu Picchu, Vice-royauté du Pérou et Liste du patrimoine mondial au Pérou de Wikipédia en français, et sur l’article Inca architecture de Wikipédia en anglais. Le texte a été abrégé et réécrit. Texte sous licence CC BY-SA 4.0. L’ancienne version de la page citait aussi l’ouvrage « Peru pais de leyenda » d’Arturo Mac Kay Fulle.