Treize sites au patrimoine mondial
Le Pérou a ratifié la convention du patrimoine mondial de l’Unesco le 24 février 1982. En 2021, treize sites péruviens y sont inscrits : neuf culturels, deux naturels et deux mixtes. Les premiers, Cuzco et le Machu Picchu, datent de 1983. Le plus récent est Chanquillo, inscrit en 2021.
Avant les Incas
Chavín de Huántar (inscrit en 1985) était le centre de la culture Chavín, née sur les hauts plateaux andins. Le site se compose de terrasses et de places en pierre. Les Chavíns formaient surtout une société religieuse, influente par sa culture.
Chan Chan (1986), sur la côte nord, fut la capitale du royaume chimú, du IXe au XVe siècle. La ville compte neuf ensembles fortifiés, avec des temples, des réservoirs et des résidences. Ses murs d’adobe souffrent des fortes pluies et de l’érosion. Le site a été classé en péril dès son inscription.
Les lignes de Nazca (1994) sont de grandes figures tracées dans le désert par la culture Nazca. Leurs auteurs ont retiré les cailloux rougeâtres du sol pour faire apparaître la terre claire. On y reconnaît un singe et un colibri. Elles auraient eu un rôle rituel.
La ville sacrée de Caral-Supe (2009) et l’ensemble de Chanquillo (2021), qui servait de calendrier solaire, complètent cette liste. La page histoire du Pérou replace ces cultures dans le temps.
L’héritage inca
Cuzco (1983) se développe au XVe siècle, sous le règne de l’Inca Pachacutec, et devient la première ville de l’empire. Des quartiers distincts accueillaient la religion et l’administration. Après la conquête, au XVIe siècle, les Espagnols bâtissent des églises baroques sur les ruines incas.
Le sanctuaire historique du Machu Picchu (1983) est un site mixte, culturel et naturel. Ce grand domaine de montagne date du milieu du XVe siècle. Il est fait de murs, de terrasses et de bâtiments en pierre, et il a été abandonné environ un siècle plus tard.
Le Qhapaq Ñan (2014) est le réseau de routes de l’Empire inca. Il s’étend sur plus de 30 000 km. Le Pérou partage cette inscription avec cinq pays voisins.
Les villes coloniales
Le centre historique de Lima est inscrit en 1988. Francisco Pizarro fonde la ville en 1535 sous le nom de Ciudad de los Reyes, la Cité des Rois. Jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, elle est la ville la plus importante de l’Amérique du Sud espagnole. Son architecture mêle le style local et le style européen, comme au monastère San Francisco. Ce monastère était seul classé en 1988, et la zone a été étendue en 1991. Au nord de cette même ville se trouve Collique, le bidonville où l’association agit.
Le centre historique d’Arequipa (2000) est bâti en sillar, une roche volcanique blanche venue du volcan El Misti, tout proche. Son architecture associe les traditions indigènes et les techniques apportées par les colons européens.
Les parcs naturels
Le parc national de Huascarán (1985) entoure le plus haut sommet du Pérou, dans la cordillère Blanche. Il abrite des glaciers, des ravins et des lacs.
Le parc national de Manú (1987) couvre 17 162,95 km², de 150 à 4 200 m d’altitude. Il abrite 1 000 espèces d’oiseaux, plus de 200 espèces de mammifères et plus de 15 000 espèces de plantes à fleurs. Il était réserve de biosphère depuis 1977.
Le parc national du Río Abiseo (1990), site mixte, protège des forêts humides des Andes orientales. Plus de trente sites précolombiens y ont été découverts depuis 1985.
Le lac Titicaca et Kuelap, candidats à l’inscription
Deux lieux figurent sur la liste indicative du Pérou, celle des candidatures : le lac Titicaca depuis 2005 et la cité de Kuelap depuis 2019.
Le lac Titicaca s’étend à 3 812 m d’altitude, dans la cordillère des Andes, sur la frontière entre le Pérou et la Bolivie. On le dit le plus haut lac navigable du monde, ce qui n’est exact que pour les grands navires de commerce. La culture aymara est née autour de ce lac. Selon la légende, le dieu Viracocha a surgi du lac pour créer le monde et les civilisations des Andes. Sur l’île d’Amantani, le collège Miguel Grau transmet aux élèves le tissage traditionnel des habitants. La page Amantani, lac Titicaca raconte ce que l’association y fait depuis 2011.
Kuelap est la cité fortifiée des Chachapoyas, un peuple établi dans la région bien avant l’arrivée des Incas.
La gastronomie péruvienne
La cuisine péruvienne mêle plusieurs héritages. Aux savoirs de l’ancien Pérou se sont ajoutés la cuisine espagnole, puis les usages apportés d’Afrique par les esclaves. Au XIXe siècle, des migrants chinois de Canton, japonais et italiens l’ont encore enrichie. Le piment, appelé ají, ou uchu en quechua, en est un élément fondamental. Le riz accompagne presque tous les repas, avec des tubercules comme la pomme de terre ou la yuca. La viande est présente quand les ressources de la famille le permettent : poulet et poisson sur la côte, porc et cuy, le cochon d’Inde, dans les Andes.
Les entrées
Le ceviche est considéré comme le plat national. Le poisson, très frais et coupé en dés, cuit dans le jus de citron vert avec de l’oignon et de l’ají. La causa est un écrasé de pommes de terre au citron vert et au piment jaune, monté en couches avec du thon ou du poulet, de l’avocat et des œufs durs. Elle se sert froide. La papa a la huancaína nappe des pommes de terre d’une sauce au fromage blanc et au piment doux. Le rocoto relleno est un gros piment farci de viande. Le tamal est une pâte de maïs cuite à la vapeur dans une feuille de bananier ou de maïs.
Les plats
Le lomo saltado vient de l’influence asiatique. Des morceaux de bœuf sont sautés au wok avec de l’ají, des oignons et des tomates, puis servis avec des frites et du riz. L’arroz con pollo est un riz à la coriandre cuit avec du poulet ou du canard. L’ají de gallina est un émincé de poulet dans une sauce jaune au piment doux. La carapulcra, d’héritage africain, associe de la pomme de terre séchée, des cacahuètes et du porc. Les anticuchos se vendent dans la rue : ce sont des brochettes, le plus souvent de cœur de bœuf.
Dans les Andes, le chuño est une pomme de terre déshydratée par le gel, que l’on cuisine en soupe. La pachamanca se prépare à la saison sèche. Des pierres chauffées au feu cuisent lentement la viande et les tubercules sous la terre. Le quinoa fait partie des céréales andines. La page géographie, climat et ressources du Pérou montre les pommes de terre et les maïs cultivés en altitude.
Les desserts et les boissons
Le suspiro a la limeña est un dessert très sucré, couvert de meringue. Les picarones sont des beignets de patate douce et de citrouille, servis avec un sirop de canne à sucre. La mazamorra morada est un dessert de maïs violet parfumé à la cannelle et au clou de girofle. L’alfajor est une pâtisserie ronde fourrée de manjarblanco, une crème de lait sucrée. Il existe aussi le turrón de Doña Pepa.
La chicha morada est une boisson sucrée et sans alcool, faite de maïs violet bouilli avec des fruits, de la cannelle et des clous de girofle. Elle se vend partout dans la rue. Le pisco, un alcool de raisin, est la boisson nationale. Les infusions, appelées mate, se préparent avec de la coca, de l’anis ou de la camomille.
À Collique, c’est un repas chaud complet que les enfants parrainés reçoivent du lundi au samedi. La page parrainage d’un repas quotidien explique comment y contribuer.
Sources
Les descriptions des sites s’appuient sur l’article Liste du patrimoine mondial au Pérou de Wikipédia en français, le passage sur le lac Titicaca sur l’article Lac Titicaca, et la partie sur la gastronomie sur l’article Cuisine péruvienne. Le texte a été abrégé et réécrit. Texte sous licence CC BY-SA 4.0.
